Réflexion sur l’assimilation au Nouveau-Brunswick

Note: This post is in French and, needless to say, will not be of interest to any of you who don’t understand French! I’m enjoying trying to express myself in another language. Writing helps. Feedback welcome.🙂

Je ne suis pas Acadienne. Pas même Néo-Brunswickoise, du moins pas de naissance. Bien sûr, j’ai été Néo-Brunswickoise depuis 45 ans. Et ma grand-mère et ses ancêtres étaient néo-brunswickois jusqu’à ce qu’elle quitte la province dans les 1890 pour avoir une meilleure vie. Je n’ai jamais connu mes ancêtres néo-brunswickois, y compris ma grand-mère. Je n’ai jamais appris ses histoires. 2013-07-28 001 037Je sais qu’ils étaient pauvres, comme la plupart des Acadiens. J’imagine que mes ancêtres Néo-Brunswickois ont aimé les forêts et le grande fleuve Saint-Jean, comme la plupart des Acadiens. J’imagine qu’ils ont aimé les prés, avec l’odeur fraîche et douce, pleine de bleuets en été, comme la plupart des Acadiens. Ils se sont identifiés comme des Néo-Brunswickois. Mais bien qu’ils aient partagé des expériences communes avec les Acadiens, ils n’étaient pas Acadiens. Quand ma grand-mère a quitté la province de ses ancêtres, elle y a laissé ses racines et quelques beau souvenirs, mais pas sa langage ni sa culture. Ce n’était pas une de ses préoccupations principales dans le départ, que si elle avait été Acadienne.

Pour beaucoup d’immigrants, particulièrement au Canada et aux États-Unis, l’assimilation est une étape inévitable et naturelle. Ces gens savent que leurs enfants deviennent Canadiens ou Canadiennes. Ils adopteront la langue (ou les langues) du nouveau pays. Ils joueront peut-être au hockey ou au curling, deux sports inconnus des parents jusqu’alors. La langue et la culture du pays d’origine peuvent être préservées par les parents et les grands-parents, mais éventuellement les générations suivantes deviendront complètement assimilées.

AcadianFlagCe n’est pas la même situation pour les Acadiens et Acadiennes. Pas du tout. Leur langue et aussi leur culture sont déjà Canadiennes. Cela a été le cas depuis longtemps, avant que le Canada n’ait été appelé le Canada. Mais la menace d’assimilation est tout à fait réelle pour les Acadiens. Pourquoi ? Parce qu’ils sont une minorité dans une mer d’anglophones. Une minorité, à coup sûr, quand même un des peuples fondateurs du Canada. La plupart des Canadiens et Canadiennes ne savent que l’histoire des Acadiens est très différente de l’histoire des Québécois. L’histoire de la déportation – Le Grand Dérangement – et le traitement cruel par les Britanniques sont inconnus des autres ou oubliés. La langue des Acadiens, leur culture et l’histoire de leurs souffrances et réussites, toutes ont contribué à une partie importante de l’histoire et de la création du Canada. Et, chose importante, leur langue est protégée par la Constitution.

Cette protection forme la base de la dualité, par laquelle les services essentiels comme l’éducation et la santé doivent être disponibles dans la langue maternelle pour les francophones aussi bien que les anglophones. Il y a une bonne raison pour cela : ce sont les deux langues des fondateurs du Canada. Leur droit linguistique est protégé par la loi, tout comme il l’est pour les Anglophones au Québec. Et pour assurer la protection d’une langue, la plupart des gens sont d’accord que si les Anglophones et les Francophones pas séparés, tout le monde parle anglais, d’où le besoin de services séparés.

J’ai beaucoup d’empathie envers les Acadiens qui sont préoccupés par l’assimilation. Je pense que je comprends le besoin de dualité pour bien préserver la langue française et l’identité acadienne. Je comprends, mais j’ai des préoccupations. Je suis certaine de la raison de préserver les deux, bien sûr, mais j’ai peur que, à ce moment, ce ne soit pas possible de protéger les jeunes d’autres langues. Les jours d’isolement ont disparu; ce n’est plus possible. Aussi, je suis triste que plus des groupes linguistiques au Nouveau-Brunswick sont séparé, plus d’occasions il y a pour des malentendus.

Le monde est maintenant à une jointure intéressante mais plus compliquée qu’autrefois. Les Acadiens ont assez bien réussi à préserver leur langue et leur culture jusqu’à maintenant. Leur défi est maintenant de pouvoir les protéger en même temps qu’ils soient bien intégrés – et réussi – dans le plus grand contexte de l’Amérique du nord et du monde. C’est important d’avoir des dirigeants forts avec une attitude positive. Ils ont besoin d’une stratégie pour promouvoir et protéger leur langue et leur identité dans leurs communautés, mais peut-être aussi pour encourager les autres communautés à connaître et apprécier l’histoire acadienne et la langue française du Nouveau-Brunswick.

La situation est bien compliquée dans un monde de plus en plus intégré. Et c’est bien compliqué dans une petite province où il n’est pas possible ni même désirable aussi de rester isolé. Il me semble qu’on ne peut pas se battre efficacement contre l’assimilation par l’isolement. Pour survivre à long terme, je pense que la communauté acadienne doit élargir son concept de dualité au-delà de la mentalité de deux solitudes. Encourager plus d’Acadiens et d’Acadiennes à suivre dans les pas d’entrepreneurs comme Bernard Cyr, Normand Caissie, Bernard Imbeault, et Claude Savoie pour établir plus d’entreprises en Nouveau-Brunswick pour fournir des emplois, et ainsi garder leurs jeunes chez eux. Au lieu de craindre l’assimilation par contact avec l’anglais, les leaders acadiens pourraient jouer un rôle dans l’accueil des anglophones à nouvelles expériences de l’Acadie. Je voudrais avant tout que les Acadiens et Acadiennes au Nouveau-Brunswick continuent à prospérer et enrichir notre province, sans craindre de l’assimilation, mais avec confiance en leur avenir. Un avenir fort pour l’Acadie au Nouveau-Brunswick signifie un avenir fort pour tout Nouveau-Brunswick.

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16 Responses to Réflexion sur l’assimilation au Nouveau-Brunswick

  1. Pingback: Réflexion sur l’éducation au Nouveau-Brunswick | Robby Robin's Journey

  2. Il est agréable de vous voir en ligne une fois de plus.🙂 Comme toujours, une excellente lecture (même si un peu lent, mon français est pas ce qu’elle était). D’accord, si. Le Canada doit demeurer un endroit où nous tous les gens issus de traités ne doivent pas craindre d’abandonner notre grande culture pour quelque chose qui ressemble comme il est sorti d’un mixeur!

    • Jane Fritz says:

      Merci pour ça, Maurice. J’ai commencé à écrire en français pour pratiquer pendant que je prends les leçons français. Mais, en même temps, il fait beau d’écrire encore! C’est bon de vous voir en ligne aussi. Peut-être après quelques postes en français je serai repenser ma décision de quitter mon blog! C’est un bon message pour notre pays bilingue que vous et moi essayent parler entre nous-même en français! There is one thing everyone can agree on : Newfoundlanders will never need fear loss of their culture!!🙂

  3. alesiablogs says:

    so wonderful to see your post!!! And I could not read one word of it!!!

  4. I’m afraid I don’t know any French except for the fabulous food – just want to say that it’s wonderful to see you again Jane! 🙂

    • Jane Fritz says:

      Hi Jo. Thanks for being there. Sending warm wishes to you in SA. I’ll stick with using Robby’s blog to practice my French for awhile, then we’ll see!

  5. Francine Deslauriers Holland says:

    Quel beau texte Jane que tu as écrit, étant donné que je sais de sources sûres, que tu suis un cours de français seulement 1 à 2 heures par semaine, chapeau ma chère.
    Je te connais depuis longtemps et je ne savais pas que ta grand-mère a demeuré au Nouveau-Brunswick, ce serait intéressant de connaître plus en détails son vécu. Il y a plusieurs vérités dans ton texte, étant moi-même francophone, québecoise de souche , je peux dire qu’on se crée une autre identité que celle de nos origines quand on demeure dans un milieu anglophone pendant de nombreuses années et que l’on doit toujours faire l’effort de garder sa langue intacte.

    Francine

    • Jane Fritz says:

      Merci Francine. J’aime voir ton nom comme Francine Deslauriers Holland! Je comprends qu’il est un défi de protéger la langue, malgré les protections légales. A mon avis, tout le monde au Nouveau-Brunswick y perd, anglophones et francophones, si les deux langues ne prospèrent pas ensemble et aussi si la culture acadienne ne prospère pas.

  6. Eloi Duguay says:

    Félicitations Jane, tu te débrouille très bien en francais. Continue de faire de tel efforts tu est bilingue maintenant.
    Si j’ai bien compris tes ancêtres n’étaient pas Acadiens mais avaient des conditions de vie très semblables à eux. Pour moi c’est un peu difficile à imaginer car les anglais que nous connaissions étaient tous assez bien nantis.
    Tu as parfaitement raison si les Acadiens n’ont pas été assimilés par le passé c’est un peu en partis par l’isolement des communautés Acadiennes,( mais non volontaire de leur part) mais aussi grandement par leur entêtement à garder leurs cultures et leurs langue. Le leadership de l’élite Acadienne passé ont grandement contribué à l’essor économique. L’université de Moncton par sa création à été l’incubateur des entrepreneurs Acadiens dont tu as fait mention. La réalité présente grâce à la technologie est un nouveau risque qui peut accélérer l’assimilation des Acadiens, mais j’ai confiance en ce peuple fort et aux nouveaux leaders Acadiens et Acadiennes. Mais le sujet n’est pas encore épuisé et bien de l’encre vas couler avant que le verdict final soit connu.
    Je te félicite de si bien connaître l’histoire Acadienne, ceci démontre ton ouverture d’esprit habituelle. Bravo!

    • Jane Fritz says:

      Merci, Eloi. Et merci pour m’introduire a quelques bons nouveaux mots, comme entêtement, essor, nantir, et se débrouiller. Tu es un autre bon exemple d’un entrepreneur acadien, et une grande modèle a émulé général! C’est intéressant qu’est-ce que tu dis au sujet de les anglophones et pauvreté. Je pense peut-être que dans les villes et les villages acadiens, historiquement, les usines et les moulins ont été dirigés par les anglophones, souvent sans bons relations, et malheureusement ces anglophones sont devenus l’idée des anglophones en général. En fait, il y a eu exactement la même situation dans les villes et les villages anglophones. Pourquoi pas?! Il y avait toujours les patrons et les travailleurs. C’était la raison pour les syndicats éventuellement!

      Tu as bon raison du grand impact de l’Université de Moncton, aussi bien que l’Opportunités Égalités (?) grâce à Louis Robichaud, et soutenu par tous les gouvernements suivants.

      Le défi ne peut jamais être ignoré, mais j’ai aussi confiance en ce peuple fort et aux nouveaux leaders Acadiens et Acadiennes!

      Autre sujet : Bon chance ce dimanche! J’ai donne à Népal par le Croix Rouge, mais je donnerai à ton initiative après ton course.

  7. Emilia says:

    Je crois qu’une personne peut dire qu’elle parle une langue quand les gens qui lit ses écritures peut totalement comprendre le sens du texte. Tel est le cas ici, Jane. Très bien fait. A la prochaine, Emilia

    • Jane Fritz says:

      Merci, Emilia. Mais pour ça j’ai besoin de quelques aides, comme dictionnaire électronique! Mais une étape à la fois. Ma retraite me donne beaucoup de temps pour pratiquer!
      Et ceci de quelqu’un qui a d’abord parle le portugais, a ensuite ajouté l’anglais, et me bat en français (aussi bien que le tennis)!

  8. Karen Annett says:

    C’est tres bien ecrit! Continu le bon travail.
    Karen Annett

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